Télé-services locaux

Retrouvez tous les télé-services de la ville de Linas dans la liste ci-dessous !

Agenda des manifestations

Consultez en un clic toutes les manifestations organisées dans la ville de Linas !

>> Voir toutes les manifestations

Partenaires de Linas

Découvrez l'ensemble des acteurs et partenaires de la ville de Linas !

L’entrée dans la mêlée

Il fallait faire vite, alors après le dépôt de la candidature, nous avons fait appel à différents partenaires. Parmi eux, le Conseil Général de l'Essonne et le Conseil Régional d'Ile-de- France bien sûr. Mais aussi des partenaires techniques et financiers comme la société de BTP Petit (groupe GTM), le cabinet d'architectes GIRARDET et le paysagiste ROUSSEAU. L'affaire était donc lancée et le 11 février 1999, la FFR organisait une réunion d'informations avec les différents candidats afin d'expliquer les modalités de ce concours. Il s'agissait pour nos communes d'un évènement unique qui se produit très certainement qu'une seule fois dans l'histoire. Le Maire de Linas et Conseiller Général du canton de Montlhéry avait coutume de dire qu'il fallait vivre intensément ces instants car ceux-ci ne se reproduiraient pas pendant plusieurs générations et peut-être même jamais. La seule aventure similaire de cette partie de l'Ile-de-France avait connu dans le passé est la construction du circuit de Linas-Montlhéry en 1924, sur le territoire de la commune de Linas.

Le planning de la FFR était très précis :

 

15 Mars 1999 : dépôt d'un dossier d'avant-projet présentant notamment les qualités de notre candidature, les coûts et frais de fonctionnement de l'équipement, et l'environnement du site,Avril 1999 : visite d'une commission d'évaluations,Mai 1999 : après sélection des meilleurs projets, nouvelle visite d'évaluations,Juin 1999 : choix du site.

Il fallait donc s'activer "dardar" et le 17 février, une réunion était organisée en mairie de Marcoussis associant plusieurs communes voisines et associations concernées. Etaient présents :
- La municipalité de Marcoussis : Messieurs COCHARD, DOMENJOZ, LEJEUNE, BUZA et GOUHOT
- La municipalité de Linas : Monsieur FERRIER
- La municipalité de Montlhéry : Monsieur GOUEFFON
- La municipalité de Nozay : Absente
- Associations sportives de Marcoussis : Monsieur BORI et Monsieur NOEL section rugby,
- Association historique de Marcoussis : Monsieur RICHARD
- Monsieur LAVERNE : Paysagiste était également présent.

Nous ne pouvons pas retranscrire ici les échanges à la fois techniques et politiques de cette réunion mais on relèvera que, dès cette date, les faiblesses de notre candidature furent identifiées, notamment par Monsieur FERRIER, Adjoint aux sports de Linas, qui fit remarquer que les partenaires techniques et financiers étaient choisis dès l'origine du dossier, et que l'implantation des bâtiments prévue uniquement sur Marcoussis, n'était pas des plus judicieuse. Cela laissait peu de liberté à la FFR si elle nous choisissait. On verra plus tard que ces deux éléments auraient pu être fatals et que l'on doit la réussite du projet à leur redéfinition.

Pour préparer le dossier du 15 mars, les communes de Linas et de Marcoussis, comptant respectivement sur leur territoire un tiers et deux tiers du domaine de Bellejame, durent faire travailler ensemble leur service de l'urbanisme. Un dossier remarquable a été constitué en si peu de temps car il faut dire qu'au-delà de la compatibilité avec les règles d'urbanisme, nous devions également apporter des garanties sur le plan financier et technique. Ne sachant pas quelles étaient les véritables attentes de la Fédération Française de Rugby qui, comme c'est de bonne guerre, en disait le "minimum" de façon à nous obliger à dévoiler toutes les cartes de notre jeu.

Très vite, le Conseil Général annonça la couleur en proposant d'acquérir les terrains et de les mettre à la disposition de la FFR par un bail longue durée. De son côté, le groupe GTM proposait de prendre en gestion directe l'ensemble des installations et imaginait un contrat de concession avec la FFR, mais un point d'interrogation subsistait dans le dossier : la position de la Région.
En effet, la région Ile-de-France était bien embarrassée pour se déterminer sur le dossier candidature de Linas-Marcoussis pour le CTNR. En effet, un autre site en Ile-de-France était pressenti à Ennery (95). On a même pu sentir à ce stade de la candidature une certaine préférence pour ce dernier certainement influencée par les relations et le contexte politique de l'époque. En effet, le Vice-Président chargé des Sports au Conseil Régional était un élu du secteur. Il fallait donc assez rapidement couper court à cette "tendance" qui risquait de nous faire perdre toute crédibilité.

Un réunion s'est tenue le 18 mars 1999 à 20 H 30 en Mairie de Marcoussis réunissant le groupe de travail. On peut dire que l'inquiétude était le sentiment qui présidait, pas tant des suites de la position de la Région mais par l'apparition d'autres lacunes à notre candidature :
- Les terrains appartenaient à un particulier, le Marquis de Pontevesse qui n'avait pas l'intention de vendre dans l'immédiat.
- Le centre de gravité du rugby français était plutôt situé dans le sud de la France, même si le nord de la Loire constituait des terres de conquête pour le rugby, nous étions en concurrence avec d'autres sites mieux implantés dans les terres rugbystiques.
Nous craignions également des complications car au service du Cadastre lorsque l'on recherchait le nom des propriétaires de chaque parcelle apparaissait le nom de Madame LE JOLY DE BAMMEVILLE, mère de Monsieur de Pontevesse décédée en 1956, On retrouvera quelques mois plus tard, que Monsieur de Pontevesse était bien le seul propriétaire en vertu d'une donation faite en décembre 1946.

Il nous fallait donc être très convainquant lors de la réunion du 22 avril 1999 au cours de laquelle nous allions rencontrer pour la 1ère fois le Comité d'Evaluation de la FFR.
Le 22 avril 1999 au matin, nous accueillions la Commission d'Evaluation de la FFR conduite par Monsieur Du Bois, Trésorier, avec la participation du Cabinet CML. Cette matinée de travail a permis de présenter le projet, de faire visiter le site mais aussi d'impliquer des partenaires comme le Club de Rugby de Massy dont la réputation en matière de formation des jeunes est incontestable.

L'architecte GIRARDET présenta le projet d'aménagement du site. Quatre esquisses différentes avaient été réalisées afin de montrer les différentes possibilités qu'offrait le domaine de Bellejame. Mais les grandes lignes de l'aménagement restaient les mêmes :

Espaces boisés dans la partie sud,Hébergement dans la partie centrale à proximité de la rivière,Locaux administratifs et techniques dans la perspective de la Tour,Terrains de jeux dans la partie nord.

Nous répondions au Cahier des Charges de la FFR avec :

43.000 m2 d'activités sportives extérieures,8.800 m2 pour les activités sportives intérieures,7.800 m2 pour l'hébergement et la restauration,1.520 m2 pour les salles de formation et de détente,700 m2 pour l'administration,14.000 m2 pour les parkings.

Nous proposions également différents scénarios de montages financiers. La FFR pouvait acheter le CNR clé en main ou le louer. Dans ces deux cas, elle en assurait l'exploitation, l'entretien et la gestion. Mais la FFR pouvait également confier la gestion du Centre Technique à un concessionnaire. Bref, dans notre solution tout était possible.

Il y eut vraiment un travail d'équipe cohérent lors de cette réunion du 22 avril :
- Eric COCHARD, Maire de Marcoussis, a présenté les atouts qu'offrait notre secteur,
- François PELLETANT, Conseiller Général et Maire de Linas, a présenté la vie locale et mit la FFR en confiance en présentant l'esprit de convivialité qui anime les populations qui vivent dans notre vallée,
- Michel BERSON pour le Conseil Général de l'Essonne, a affirmé le soutien du Département à ce projet, de même le Conseil Régional d'Ile-de-France, le Comité Départemental de Rugby de l'Essonne.
Tous apportèrent leurs arguments afin de défendre la candidature de Bellejame.

Lors de la visite du site, le Cabinet CML ainsi que Monsieur Jacques DUBOIS ne manquèrent pas d'observer qu'une partie de la plaine située au nord était cultivée. Une vive interrogation se porta sur l'exploitation de ces terres ; à savoir qui les cultivait et avec quel régime d'autorisation car cela pouvait purement et simplement bloquer le projet. Il fallut donc dès le lendemain, plus précisément le 26 avril 1999, rassurer la Fédération Française de Rugby. Après enquête, il apparut que l'agriculteur exploitant les terrains était lié uniquement par un contrat d'entreprise avec le propriétaire et que par conséquent la disponibilité du terrain était immédiate même si la récolte était en cours. Un ouf ! de soulagement aurait pu se faire entendre dans toute la région de Linas-Marcoussis.

C'est ainsi que le domaine de Bellejame passa une nouvelle étape de sélection pour être retenu avec cinq autres sites candidats. Ennery, autre candidature émanent de l'Ile-de-France, avait été éliminé et nous restions le seul site de la région parisienne en compétition. Cela a permis de galvaniser les forces de l'ensemble de nos partenaires et plus particulièrement d'accueillir la Région dans la mêlée.

En effet, la position du Conseil Régional d'Ile-de-France était difficile compte tenu des deux candidatures franciliennes. A présent, les choses allaient pouvoir se clarifier et une grande bataille restait à livrer. Ce serait même la dernière, et elle se jouerait le 2 juin lors d'une nouvelle visite de la Commission d'Evaluation de la FFR, conduite par le Président Bernard LAPASSET (accompagné de messieurs LAURANS, DUBOIS, AUTONIN, DRUAIS, LESPATS) et messieurs LOUVET et BIDET du Cabinet CML. A la dernière minute on apprit même la visite surprise de Jean-Claude SKRELA et Jo MASOT, ce qui fit tripler la pression artérielle du groupe de travail.

La Fédération Française de Rugby voulait aborder, lors de cette visite de façon très précise, les questions financières notamment le coût d'investissement et les subventions d'aides à l'exploitation. Nous eûmes un peu plus d'un mois pour étayer notre dossier, affiner nos arguments et réunir un tour de table capable de répondre aux attentes de la FFR et montrer la crédibilité de notre candidature.

Différentes initiatives furent entreprises. Tout d'abord le Président du Conseil Général, Michel BERSON, renforça son soutien au projet dès le début du mois de mai par un courrier adressé personnellement au Président de la Fédération Française de Rugby. De son côté, Pierre André WILTZER le Député local intervint auprès du Conseil Régional afin de conforter le soutien de la Région au projet.
De son côté, le cabinet GTM qui assurait tout le montage technique de notre candidature pu affiner ces propositions. Le dossier était mené par Monsieur Xavier JAQUETTI. Nous étions en relation avec lui de façon permanente afin de construire les montages juridiques et financiers.

Le Cabinet GTM avait consacré beaucoup de temps à l'élaboration de cette candidature mais il demeurait que ce projet n'était possible qu'à partir du moment où le propriétaire accepte de céder ces terrains. En d'autres termes, si nous n'étions ni propriétaire, ni titulaire de la moindre promesse de vente, nous étions en position d'ultra faiblesse car le propriétaire en titre avait toute l'attitude d'empêcher la réalisation de ce projet.
Cette situation avait pour le groupe GTM un autre risque. Il pouvait être laissé sur la touche car il n'avait aucune garantie d'être le constructeur qui réaliserait le CTNR. C'est la raison pour laquelle Monsieur JAQUETTI nous présenta au mois de mai Monsieur PERRIGUEY, Directeur d'une filiale du nom de Progebat. Le groupe GTM avait fait une analyse très juste que Monsieur PERRIGUEY a su exprimer avec beaucoup de clarté : « dans un projet de ce type, celui qui tient les clés est celui qui tient le foncier ».

Progebat proposa donc une formule qui consistait à se garantir de ce risque mais également à assurer sa présence dans le dossier jusqu'à la fin.
Faute de temps, le montage proposé par Progebat et GTM ne put être formalisé par écrit et on verra que cela fut lourd de conséquence pour ce groupe qui ne fut pas le constructeur du CTNR.

A la réunion du 2 juin, outre les membres de la FFR cités plus haut, étaient présents autour de la table tout ce que l'Essonne pouvait compter de décideurs, notamment le Président BERSON du Conseil Général, le Président CHAUDRON de la Chambre de Commerce et d'Industrie, le Vice-Président SALINIER du Conseil Général chargé des Sports, ... au total 28 personnes étaient présents. Nous dûmes faire face à de nombreuses questions que se posaient la FFR.

Sur le plan financier tout d'abord, le projet présenté coûtait 300 millions de francs TTC :

4,1 millions de francs pour les terrains,260 millions de francs pour les travaux,26 millions de francs de frais techniques,15 millions de frais financiers,La gestion de l'ensemble des installations était estimée au bas mot à 6,5 millions de francs HT.

Sur le plan des infrastructures et équipements à proximité, nous pûmes montrer tout l'intérêt d'un CTNR situé à 20 minutes d'Orly, 1 heure de Roissy, 1 heure du siège de la FFR rue de Liège, à proximité des stades de Bondoufle, de Charlety, du Parc des Princes, du Stade de France et du Grand Dôme de Villebon.
A l'époque, sévissait en France le débat sur la « déconcentration ». Certain en effet voulait que les administrations ainsi que les grands équipements ne soient pas tous concentrés sur la région parisienne. Cet argument était très utilisé par nos concurrents de province qui souhaitaient prendre à leur avantage ce mouvement de déconcentration. Monsieur MUTZ, Préfet de l'Essonne en 1999 trouva une formule qui permis de contre-carrer cette stratégie : « pour le rugby français la déconcentration c'est justement venir en région parisienne.

Nous avions voulu que notre candidature ne soit pas uniquement technique mais aussi portée par l'ensemble de la population et des acteurs locaux. Durant le mois de mai, François PELLETANT, Conseiller Général et Maire de Linas proposa au maire de Marcoussis Eric COCHARD de s'inspirer de l'opération menée par la ville de Lille lors de sa candidature à l'organisation des jeux olympiques. Il s'agissait de mobiliser tout ce que le canton de Montlhéry et le département de l'Essonne pouvaient compter de partisans au projet afin de à la Fédération Française de Rugby qu'ils étaient accueillis à bras ouverts.

Pour donner plus d'éclats à cette stratégie, les maires du canton de Montlhéry revêtirent le maillot de rugby de l'équipe locale et firent immortaliser cet instant. Cette photo fut ensuite diffusée très largement, appelant la population mais également les élus locaux, les associations dans toutes leurs diversités, à se joindre à l'équipe des Maires pour soutenir la candidature de Bellejame.

Les maires du canton revêtus du maillot de rugby de l'équipe locale.

Un coupon-réponse avait été publié sur lequel chacun pouvait exprimer ces sentiments et faire des commentaires. De même, de nombreux conseils municipaux en Essonne ont voté des motions de soutien afin de montrer leur enthousiasme à accueillir le monde du rugby dans notre département.

Toute cette mobilisation fut présentée à la FFR et au Président LAPASSET lors de la réunion du 2 juin 1999. Cela constituait l'élément central de l'intervention du Conseiller Général et Maire de Linas, François PELLETANT qui expliqua que Bellejame n'était pas un site comme un autre mais un lieu chargé d'histoire, de traditions, de culture et de convivialité. Il rappela la forte présence du patrimoine historique notamment les vestiges du château de Bellejame mais également de la Tour de Montlhéry, le « fil d'Ariane » que constitue la rivière Sallemouille traversant le Domaine de Bellejame et offrant un lien essentiel dans toute la vallée. La mobilisation et l'enthousiasme de la population locale qui depuis plusieurs semaines s'exprimait par les coupons pour soutenir la candidature de Bellejame furent notre botte secrète.

Ces arguments furent importants à développer car les autres candidatures toutes proches du monde du rugby et situées dans les régions très rugbystiques, s'appuyaient beaucoup sur cet avantage. Il fallait donc montrer qu'en région parisienne aussi la convivialité et l'esprit rugby existait.

Submit to FacebookSubmit to Twitter